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Date de création : 29.05.2010
Dernière mise à jour : 31.05.2010
57 articles


chapitre 14

Publié le 20/05/2010 à 12:08 par lecture-mya-en-ligne

 

CHAPITRE QUATORZE

 

 

A

ma grande surprise, le cours d’escrime me plut énormément. Il se déroulait dans une immense salle accolée au gymnase qui, avec ses murs couverts de miroirs, ressemblait à un studio de danse. Des mannequins de taille humaine étaient accrochés au plafond : on aurait dit des cibles de tir en trois dimensions.Tout le monde appelait le professeur Dragon Lankford, ou simplement Dragon. Je ne tardai pas à comprendre pourquoi : son tatouage représentait deux dragons, dont les corps, tels des serpents, s’enroulaient sur l’arête de sa mâchoire. Leurs têtes reposaient au-dessus de ses sourcils, et leurs gueules ouvertes crachaient du feu sut son croissant de lune. C’était tellement impressionnant que j’eus du mal à détourner les yeux. En plus, Dragon était le premier homme vampire que je voyais de près. Au début, il me déconcerta. Pour moi, un vampire devait être grand, beau, inquiétant. Dragon, lui, était petit, il avait de longs cheveux blonds attachés en une queue-de-cheval basse et un joli visage au sourire chaleureux.

Je ne pris conscience de sa puissance qu’au moment où il commença à diriger réchauffement. Dès qu’il eut l’épée en main, il sembla devenir quelqu’un d’autre, un être qui se mouvait avec une rapidité et une grâce incroyables. Il feintait, attaquait et, sans le moindre effort, faisait passer les élèves – même ceux qui étaientplutôt doués, comme Damien – pour de pitoyables pantins. Après réchauffement, il nous fît travailler par groupes de deux ce qu’il appelait les « bases ». Je fus soulagée lorsqu’il m’attribua Damien comme partenaire.

— Zoey, nous sommes heureux de t’accueillir à la Maison de la Nuit, dit-il en me serrant la main à la manière des Amazones. Damien va te montrer les différentes parties de l’équipement, et je te donnerai un manuel à potasser ces prochains jours. As-tu déjà pratiqué ce sport ?

— Non, jamais. Mais j’aimerais apprendre, ajoutai-jeavec nervosité. Manier une épée, ça ma l’air vraiment génial !

— Un fleuret, me corrigea-t-il en souriant. Tu apprendras à t’en servir. C’est la plus légère des trois armes que nous utilisons, particulièrement adaptée aux femmes. Sais-tu que l’escrime est l’une des rares disciplines qu’hommes et femmes peuvent pratiquer sur un pied d’égalité ?

— Non, répondis-je, intriguée. J’aurais adoré battre un mec en sport !

— Un escrimeur intelligent et concentré peut facilement compenser ses faiblesses – au niveau de la forceou de la portée – et les transformer en atouts. En d’autres termes, même si tu es moins puissante et rapideque ton adversaire, tu peux avoir une stratégie plus efficace, ou de meilleures capacités de concentration, cequi fera pencher la balance en ta faveur. Pas vrai, Damien ?

— Tout à fait, répondit-il avec un grand sourire.

— Damien est l’un des escrimeurs les plus concentrésque j’aie entraînés depuis plusieurs décennies. Cela fait de lui un adversaire redoutable.

— Je jetai un coup d’œil à notre copain, qui avait rougi de plaisir.

— Cette semaine, reprit Dragon, il t’apprendra les manœuvres d’ouverture. Sache qu’en escrime il faut maîtriser des compétences séquentielles dans le bon ordre. Il suffît que Tune d’elles ne soit pas assimilée pour que les suivantes soient très difficiles à acquérir. Dans ce cas-là, l’escrimeur souffrira d’un désavantage sérieux et permanent.

— Très bien, je m’en souviendrai.

— Dragon me sourit chaleureusement, puis se mit à circuler parmi les groupes.

— Ce qui veut dire, me glissa Damien, que tu ne dois pas te décourager ni te lasser si je te fais répéter sans cesse le même exercice.

— En bref, tu vas être pénible, mais pour de bonnes raisons, c’est ça ?

— Ouaip. Et l’une d’elles sera de muscler ces jolies petites fesses, dit-il en me donnant un petit coup de fleuret sur le postérieur.

Je soupirai en levant les yeux au ciel. Cependant, aprèsvingt minutes de fentes, de replacement en position initiale, et encore de fentes, je compris qu’il avait raison.J’allais avoir de terribles courbatures le lendemain.

Après le cours, nous prîmes une douche rapide. (Heureusement, il y avait des cabines individuelles avec rideau dans les vestiaires des filles : nous n’étions pas obligées de nous doucher dans un immense espace ouvert, comme des détenues de prison.) Puis nous nous précipitâmes au réfectoire ! J’étais affamée.

Le déjeuner – servi en pleine nuit – consistait en unimmense buffet de salades variées et appétissantes. Je remplis mon assiette à ras bord, pris plusieurs morceauxde pain frais et me glissai à côté de Lucie, Damien sur les talons. Erin et Shaunee se disputaient déjà pour savoir laquelle de leurs dissertations était la meilleure, alors qu’elles avaient toutes les deux obtenu un 19.

— Alors, Zoey, raconte ! Que se passe-t-il avec ErikNight ? me demanda Lucie dès que j’eus enfourné une grande bouchée de salade.

Le silence se fit immédiatement à la table ; tous les yeux se braquèrent sur moi.

J’avais bien réfléchi à ce que j’allais leur dire sur Erik,et la conclusion, c’était que je n’étais pas prête à parler à quiconque de cette malheureuse scène à laquelle j’avaisassisté malgré moi dans le couloir.

— Il n’arrêtait pas de me regarder, annonçai-je simplement.

En voyant leurs sourcils froncés, je compris que, la bouche pleine, j’avais en réalité prononcé : « Il altait pas dme gader. »

J’avalai avant de répéter :

— Il n’arrêtait pas de me regarder. En cours de théâtre. C’était... je ne sais pas... perturbant.

— Définis le mot « regarder », demanda Damien.

— Eh bien, ça a commencé à l’instant même où il est entré dans la classe, et ça a continué lorsqu’il nous a joué son monologue. Il a récité un extrait d’Othelloet,quand il est arrivé au passage qui parle d’amour, il m’a fixée droit dans les yeux. Ce n’était pas une coïncidence,car il m’avait aussi lancé une œillade au début du monologue, et il m’en a lancé une autre avant de partir.

Je me tortillais sur mon siège : leurs regards perçants me mettaient mal à l’aise.

— Peu importe, repris-je. Ça faisait sans doute partiede son numéro d’acteur.

— Erik Night est le mec le plus sexy de cette école, dit Shaunee.

— Tu plaisantes ? Il est le mec le plus sexy de la planète, déclara Erin.

— Oh ! s’écria Shaunee avant de se tourner vers moi.Ne laisse pas passer cette chance, Zoey !

— Oui, appuya Erin, surtout pas.

La laisser passer ? Il faut que je fasse quoi ? Il nem’a pas adressé la parole !

— Ah, Zoey chérie, soupira Damien. Est-ce que tu lui as souri, au moins ?

Je plissai les yeux. Lui avais-je souri ? Ah, zut ! Je nesavais plus. À tous les coups, j’étais restée plantée là comme une idiote, avec des yeux de merlan frit.

— Aucune idée, dis-je sans oser leur avouer la triste vérité.

Damien ne fut pas dupe :

— La prochaine fois, tu lui souriras.

— Et tu lui diras bonjour, enchaîna Lucie.

— Je croyais qu’Erik n’était qu’un beau mec... jusqu’au jour où il a largué Aphrodite, fit Shaunee. Ce jour-là, j’ai pensé qu’il avait peut-être quelque chose dans le cerveau.

— Et pas seulement dans le pantalon ! s’exclama Erin d’un air malicieux.

— Tu es d’une vulgarité ! s’indigna Damien.

— Oh, ça va ! Je voulais seulement dire qu’il avait le plus joli petit cul de la ville, monsieur Gnangnan, répliqua Erin.

— Comme si tu ne l’avais pas remarqué, ajouta Shaunee.

— Si tu t’approchais d’Erik, Aphrodite péterait un plomb ! déclara Lucie.

Tout le monde la dévisagea comme si elle venait de dire une monstruosité.

— C’est vrai, quoi ! la défendit Damien.

— Très vrai, approuva Shaunee alors qu’Erin acquiesçait de la tête.

— Alors, il sortait vraiment avec Aphrodite ? demandai-je.

— Ouaip, fît Erin.

— C’est dingue, mais véridique, confirma Shaunee. Alors, tant mieux si maintenant il a flashé sur toi !

— Vous savez, il fixait sans doute ma Marque.

— Peut-être pas. Tu es très jolie, Zoey, observa Lucieavec un gentil sourire.

— Ou alors, suggéra Damien, ta Marque a attiré son attention, et après il t’a trouvée tellement mignonne qu’il a craqué pour toi.

— Quoi qu’il en soit, Aphrodite va être furieuse, conclut Shaunee.

— Et ça, c’est une bonne chose ! s’exclama Erin. Lucie les fît taire d’un geste de la main.

— Oublie Aphrodite et ta Marque. La prochaine foisqu’il te sourit, dis-lui bonjour, et c’est tout.

— Trop facile, fît Shaunee.

— Un jeu d’enfant, renchérit Erin.

— D’accord, marmonnai-je en retournant à ma salade.

Je souhaitais de tout cœur que cette histoire se révèle aussi facile qu’elles le prétendaient.

 

La pause déjeuner à la Maison de la Nuit avait un point commun avec celle de mon ancien lycée : elle seterminait trop vite. Le cours d’espagnol qui la suivit se déroula dans une sorte de brouillard. Mme Garmy était une petite tornade hispanique. Elle me plut immédiatement. Avec ses tatouages en forme de plumes, elle mefaisait penser à un petit oiseau. Comme elle ne s’adressait à nous qu’en espagnol, j’eus un peu de mal à la comprendre... Mais je notai consciencieusement les devoirs à la fin du cours et me promis d’apprendre mon vocabulaire. Je détestais être à la traîne.

L’introduction aux études équestres avait lieu dans le complexe sportif, un bâtiment de briques tout en longueur attenant à un immense manège. Il s’en dégageait une odeur de sciure de bois, de cheval et de cuir, un mélange plutôt agréable, malgré les relents de crottin.

Je me tenais dans le manège, nerveuse, avec un petit groupe d’élèves. Un garçon plus âgé, grand, le visage sévère, nous avait demandé d’attendre là. Nous n’étions qu’une dizaine, tous en première année, dont (génial !) Elliott, le rouquin désagréable, qui, affalé contre le mur,donnait des coups de pied dans le sol. Il soulevait tellement de poussière qu’il réussit à faire éternuer une des filles. Elle recula en lui jetant un regard mauvais. Décidément, il agaçait tout le monde ! Et pourquoi ne passait-il pas un peu de gel – ou ne serait-ce qu’un peigne – dans sa fichue tignasse ?

Un bruit de sabots attira mon attention. Une magnifique jument noire entra au galop dans le manège et s’arrêta à quelques pas de nous. Sous nos regards ébahis,sa cavalière en descendit avec grâce. Ses cheveux épais,blond très clair, lui arrivaient à la taille. Ses yeux étaientd’une étrange teinte gris ardoise. Minuscule, elle se tenait aussi droite que ces filles qui prennent des cours intensifs de danse classique. Sur son tatouage, je distinguai des chevaux au galop couleur saphir.

— Bonsoir, je m’appelle Lenobia et ceci, dit-elle en désignant la jument et en nous jetant un regard méprisant, est un cheval.

La jument souffla comme pour ponctuer ses propos.

— Vous êtes mon nouveau groupe de premières années. Vous avez été admis dans mon cours car nous avons estimé que vous étiez capables de monter. En réalité, moins de la moitié de vous tiendront le semestre,et moins de la moitié de ceux qui resteront deviendront des cavaliers corrects. Des questions ? lança-t-elle sans nous laisser le temps de répondre. Bien. Dans ce cas, suivez-moi, nous allons commencer.

Elle fît demi-tour et se dirigea vers l’écurie.

Nous lui emboîtâmes le pas, un peu déconcertés.

J’aurais voulu lui demander qui avait estimé que j’avaisune aptitude pour l’équitation, mais elle m’impressionnait trop. Elle s’arrêta devant une rangée de stalles vides,près d’un tas de fourches et de brouettes, puis se tournavers nous.

— Les chevaux ne sont pas de gros chiens. Ils ne correspondent pas non plus à l’image romantique que se fait une gamine du meilleur ami qui la comprendra toujours.

Deux filles à côté de moi s’agitèrent, l’air inquiet. Lenobia les foudroya du regard.

— Les chevaux, c’est du boulot. Ils exigent du dévouement, de l’intelligence et du temps. Nous allons commencer par la partie ingrate. Dans la sellerie, au bout de ce couloir, vous trouverez des bottes en caoutchouc. Choisissez-en vite une paire, ainsi que des gants.Puis chacun de vous ira se mettre au travail dans sa stalle.

— Madame Lenobia ? fit une fille potelée aux jolis traits en levant nerveusement la main.

— Lenobia. Le nom que j’ai choisi en l’honneur de l’ancienne reine vampire se suffit à lui-même.

— J’ignorais complètement qui était cette fameuse Lenobia, et je me promis de faire des recherches. La filleavala bruyamment sa salive.

— Je t’écoute, Amanda. Tu as une question ?

— Ouais, enfin, oui.

Lenobia haussa un sourcil.

Qu’allons-nous faire exactement, mad... je veux dire, Lenobia ?

— Nettoyer les box, bien sûr. Chargez lé fumier dansla brouette, puis videz-la dans Taire de compost, près du mur. Il y a de la sciure fraîche dans la pièce de stockage à côté de la sellerie. Vous disposez de cinquante minutes. Je reviendrai dans trois quarts d’heure pour inspecter votre travail.

Nous restâmes tous bouche bée.

— Allez-y, maintenant.

Nous nous précipitâmes vers la sellerie.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, nettoyer mon box ne me dérangeait pas. Après tout, ce n’était pas si dégoûtant que ça, le crottin de cheval. Surtout qu’on voyait bien que ces stalles étaient entretenues quotidiennement. J’attrapai une paire de gants et des bottes en caoutchouc (absolument affreuses, mais qui couvraient mon jean jusqu’aux genoux), et je me mis au travail. Des haut-parleurs diffusaient de la musique de très bonne qualité que j’écoutai tout en m’affairant. Puisj’allai vider ma brouette pour la remplir de sciure de bois propre. Alors que je l’étalais sur le sol, j’eus la désagréable impression d’être observée.

— Bon travail, Zoey.

Je sursautai et me retournai : Lenobia se tenait à la porte. Dans une main, elle avait une étrille ; dans l’autre, la bride d’une jument rouanne aux yeux de biche.

— Ce n’est pas la première fois que tu fais ça, poursuivit-elle...

— Ma grand-mère avait un hongre gris, très gentil. Je l’avais surnommé Lapinou, lâchai-je avant de réaliserà quel point c’était ridicule et de piquer un fard. Enfin, je n’avais que dix ans à l’époque, et sa couleur me faisaitpenser à Bugs Bunny... Ce nom lui est resté.

Lenobia esquissa un petit sourire.

— Tu t’occupais du box de Lapinou ?

— Oui. J’aimais bien le monter, et ma grand-mère disait que nul n’avait le droit de monter un cheval sans nettoyer son box.

— Ta grand-mère est une femme très sage. Je hochai la tête.

— Et cette tâche t’ennuyait ?

— Non, pas vraiment.

— Bien. Je te présente Perséphone. Tu viens d’entretenir sa stalle.

La jument entra et se dirigea droit vers moi. Elle frotta ses naseaux contre mon visage et souffla doucement, ce qui me chatouilla et me fit rire. Je lui grattai la têteet embrassai spontanément son doux poil tiède.

— Bonjour, Perséphone, ma jolie !

Lenobia hocha la tête d’un air approbateur.

— Il ne reste que cinq minutes avant la sonnerie, alors tu n’es pas obligée de rester. Néanmoins, si tu veux, je t’autorise à brosser Perséphone.

Surprise, je relevai les yeux.

— Avec plaisir, m’empressai-je de répondre.

— Parfait. Tu rangeras la brosse dans la sellerie quand tu auras terminé. À demain, Zoey.

Elle me tendit l’étrille, caressa la jument et nous laissaseules.

Perséphone passa la tête dans le râtelier et se mit à mâcher son foin pendant que je la pansais. J’avais oublié à quel point cette tâche était relaxante. Lapinou était mort d’une crise cardiaque deux ans auparavant, et Grand-mère avait été trop bouleversée pour reprendre un autre cheval. Selon elle, le « Lapin », comme elle l’appelait, ne pouvait pas être remplacé. Cela faisait donc deux ans que je n’avais pas approché un cheval ; les sensations et les souvenirs me revinrent pourtant immédiatement : les odeurs, la chaleur, le bruit apaisant des mâchoires qui s’activent, et le doux frottement de la brosse sur la robe lisse.

J’entendis au loin la voix de Lenobia, cassante, qui réprimandait un élève, sans doute l’exaspérant rouquin. Je jetai un œil par-dessus l’encolure de Perséphone : en effet, il était avachi devant la stalle. En face de lui, les mains sur les hanches, se tenait Lenobia, l’air furieux. Ce garçon avait manifestement décidé de rendre tous les profs dingues. Alors qu’il avait Dragon pour mentor ! Ce type avait l’air cool, mais, lorsqu’il brandissait une épée – pardon, un fleuret –, il se métamorphosait en un combattant extrêmement dangereux.

— Ce mec doit avoir des tendances suicidaires, dis-jeà Perséphone en retournant à mes occupations.

La jument ramena une oreille en arrière et souffla par les naseaux comme si elle approuvait.

— Zoey ! Te voilà !

— Oh, Lucie ! m’écriai-je. Tu m’as fait peur !

Je rassurai Perséphone, que j’avais effrayée en hurlant.

— Mais... qu’est-ce que tu fais ? demanda ma camarade.

J’agitai la brosse dans sa direction.

— À ton avis ? Je me fais une pédicure ?

— Arrête de faire l’andouille, le rituel de pleine lune commence dans deux minutes !

— Zut !

Je caressai une dernière fois la jument avant de me précipiter dans la sellerie.

— Tu avais complètement oublié, pas vrai ? fit ma copine en me donnant la main pour m’aider à garder l’équilibre alors que j’enlevais mes bottes et que je remettais mes ballerines.

— Non, mentis-je.

Je réalisai alors que j’avais aussi oublié le rituel des Filles de la Nuit.

Et ça, ça aurait pu être bien plus grave.